Fin du PASS/LAS en 2027 : ce que la réforme change vraiment
La réforme des études de santé prévue pour la rentrée 2027 redistribue toutes les cartes pour les lycéens qui se destinent à la médecine, la pharmacie ou les filières MMOPK. Mais à quelques mois de l'échéance, doyens, présidents d'université et académiciens tirent la sonnette d'alarme sur le calendrier. Voici ce que parents et élèves doivent savoir dès maintenant.
Fin du PASS/LAS en 2027 : ce que la réforme des études de santé change vraiment pour votre enfant
L'essentiel en 5 points
- Le système PASS/LAS est officiellement supprimé à la rentrée 2027, remplacé par une voie unique d'accès aux filières MMOPK (Médecine, Maïeutique, Odontologie, Pharmacie, Kinésithérapie).
- Le redoublement est réintroduit : un étudiant ayant validé le bloc santé pourra tenter sa chance une deuxième fois.
- Deux fenêtres de candidature sont prévues : en fin de L1 et en fin de L2, pour réduire la pression du « tout ou rien ».
- Les Terminales de 2026 (bac 2026) seront les derniers à candidater dans l'ancien système PASS/LAS. Les Premières actuelles (bac 2027) seront les premiers concernés par la nouvelle voie.
- Le calendrier reste très serré : doyens, France Universités et l'Académie nationale de médecine réclament un report à 2028, mais le gouvernement tient sa date.
Les familles dont l'enfant se destine aux études de santé naviguent depuis 2020 dans un système que la Cour des comptes elle-même a qualifié d'« intenable » dans un rapport de décembre 2024. Le PASS (Parcours accès spécifique santé) et le LAS (Licence avec option accès santé) avaient été créés pour corriger les dérives de l'ancienne PACES : résultats trop sélectifs, absence de débouchés alternatifs, « gâchis humain ». Cinq ans plus tard, le bilan est sévère : 63 % des étudiants redoublent encore, les écarts entre les LAS sont « colossaux » selon la Cour, et la diversification des profils est un échec total.
La réponse du gouvernement : une nouvelle réforme. Annoncée officiellement le 17 avril 2026, la voie unique d'accès aux études de santé entrera en vigueur à la rentrée 2027. Mais la précipitation du calendrier suscite une résistance unanime chez les acteurs de terrain.
Pourquoi le PASS/LAS a échoué : le bilan sans concessions de la Cour des comptes
Pour comprendre la réforme à venir, il faut comprendre pourquoi l'actuel système ne fonctionne pas. Le rapport publié en décembre 2024 est d'une clarté brutale.
Des chiffres qui parlent d'eux-mêmes
Les résultats du PASS/LAS sont contrastés selon les filières :
- Médecine : +18 % d'effectifs depuis la réforme
- Odontologie : +14 %
- Pharmacie : -6 %, avec des places vacantes faute de candidats
- Maïeutique : -4 %, même constat
Mais le problème le plus frappant concerne les LAS elles-mêmes : un étudiant en LAS Droit avait 3 % de chances d'accéder à une filière santé, contre 30 % pour un étudiant en LAS Sciences de la vie. Chaque université avait interprété la réforme à sa manière, certaines proposant des LAS en arts du cirque ou en histoire de l'art, sans aucun lien avec le projet médical de l'étudiant.
Un objectif de diversification manqué
L'ambition initiale du PASS/LAS était de diversifier les profils des futurs professionnels de santé. C'est l'échec le plus documenté :
- Les profils restent « similaires avant et après la réforme »
- La part d'étudiants issus de communes rurales a reculé de 7 % à 6 % entre 2020 et 2023
- 53 % des étudiants de LAS déclarent avoir « subi leur orientation »
Ce sont les failles du système, jamais les élèves eux-mêmes, qui produisent ces résultats. C'est quelque chose que nous constatons aussi dans notre accompagnement : les élèves qui échouent ne manquent pas de capacité, ils manquent d'une préparation adaptée à un système mal conçu.
Ce que prévoit la nouvelle voie unique d'accès aux études de santé
Une licence structurée en trois blocs
À partir de la rentrée 2027, les lycéens trouveront sur Parcoursup une licence d'accès en santé unique, organisée en trois blocs complémentaires :
- Le bloc santé : biologie cellulaire, biochimie, physiologie, biophysique, anatomie. Ce sont les savoirs fondamentaux communs à toutes les filières MMOPK.
- Le bloc disciplinaire : une licence classique dans une discipline choisie, mais cette fois dans un catalogue restreint et cohérent avec un projet de santé. Fini les LAS en arts du cirque.
- Le bloc transversal : langues, compétences transversales, outils d'orientation.
L'esprit du LAS est conservé, mais encadré. C'est une évolution importante : la liberté disciplinaire reste, la cohérence pédagogique est restaurée.
Le retour du redoublement
C'est l'une des mesures les plus attendues. Le redoublement, supprimé en 2020 dans le PASS, est réintroduit sous conditions : un étudiant qui échoue en fin de première année, mais qui a validé le bloc santé, pourra retenter sa chance. Un système de quotas est à l'étude pour éviter l'engorgement des facultés.
Pour les familles, cette mesure change radicalement la psychologie de la préparation. On passe d'une logique de « tout se joue en un an » à une logique de progression sur deux ans, avec deux fenêtres d'accès : en L1 et en L2.
Une expérimentation en pharmacie
La réforme prévoit également, à titre expérimental, la possibilité d'admettre directement des étudiants en premier cycle de pharmacie via Parcoursup, dans la limite d'un tiers des capacités d'accueil. Cette mesure répond directement au problème de places vacantes constaté ces dernières années.
Un enjeu d'équité territoriale
La réforme affiche un objectif ambitieux : organiser une première année d'accès aux études de santé dans chaque département, et déployer des options santé dans les lycées situés en zones sous-denses, à l'horizon 2030.
En pratique au Cours Masson
Notre accompagnement en sciences de la santé prépare les lycéens dès la Première aux exigences du niveau universitaire : maîtrise des fondamentaux en biologie, chimie et physique, méthode de travail adaptée au rythme intensif des premières années, et stratégie d'orientation personnalisée. Les séances se déroulent en petits groupes, en présentiel à Neuilly-sur-Seine ou en visio pour les élèves en France et dans les lycées français à l'étranger. Chaque élève repart avec des supports complets et une vision claire de son parcours. Notre expérience de plusieurs années montre que les élèves qui anticipent cette préparation dès le lycée abordent la L1 avec un avantage réel sur leurs camarades.
2027 ou 2028 : pourquoi les doyens tirent la sonnette d'alarme
Le gouvernement a fixé la rentrée 2027. Mais la résistance est quasi unanime sur le terrain :
- La présidente de la conférence des doyens, Isabelle Laffont, juge le calendrier « très serré » et demande officiellement un report à 2028
- Le président de France Universités, Lamri Adoui, partage ce diagnostic et pointe la question du financement comme enjeu central
- L'Académie nationale de médecine a rejoint cette position
Leurs arguments sont sérieux. La réforme de 2020 avait souffert d'un défaut majeur d'anticipation : des maquettes pédagogiques bâclées, des universités avec des situations de départ très hétérogènes, des financements insuffisants. Les acteurs de terrain craignent que la précipitation reproduise exactement les mêmes erreurs.
Plusieurs points restent à définir à cette date (avril 2026) :
- Le nom définitif de la nouvelle formation
- La liste précise des disciplines autorisées dans le bloc disciplinaire
- Les modalités exactes du redoublement (quotas, conditions)
- Les maquettes pédagogiques de chaque université
- Les critères de classement et de sélection en fin d'année
- Le financement de la transition
La vraie question, c'est de savoir si une réforme bien conçue mais appliquée trop vite vaut mieux que le statu quo d'un système reconnu comme défaillant. Le gouvernement a tranché : cap sur 2027. Les familles doivent s'y préparer.
Qui est concerné et quand : le calendrier de transition
Voici la question que toutes les familles posent en premier. La réponse dépend du niveau actuel de l'élève :
- Les Terminales (bac 2026) candidateront via Parcoursup début 2026 dans l'actuel système PASS/LAS. Rien ne change pour eux cette année.
- Les Premières (bac 2027) seront les premières à candidater dans la nouvelle voie unique, via Parcoursup début 2027. Ce sont eux qui essuieront les plâtres de la réforme.
- Les Secondes et collégiens actuels évolueront intégralement dans le nouveau cadre. Le conseil d'orientation doit déjà s'adapter : ne plus parler de PASS ou de LAS, mais introduire la logique de licence unique en santé, de sélection progressive sur deux années, et de double fenêtre de candidature.
Ce qui ne change pas, quel que soit le système :
- Le niveau scientifique attendu reste très élevé
- La sélection par classement est maintenue
- Les filières MMOPK restent les mêmes
- La préparation scientifique rigoureuse en amont reste plus nécessaire que jamais dans une période de transition
Contrairement aux idées reçues, une réforme du dispositif d'accès ne réduit pas la sélectivité des études de santé : elle en change seulement les modalités. Les élèves qui arrivent avec des bases solides en sciences conservent un avantage décisif.
[Lien vers article sur la préparation aux études de santé en Terminale]
FAQ
Mon enfant est en Première et veut faire médecine. Est-ce qu'il doit se préparer au PASS ou à la nouvelle voie unique ?
Si votre enfant passe son bac en 2027, il sera parmi les premiers à candidater dans la nouvelle voie unique via Parcoursup. Les détails exacts de la formation seront précisés dans les prochains mois. Ce qui est certain dès maintenant : le niveau scientifique attendu (biologie, chimie, physique, mathématiques) est identique à celui du PASS. Il faut donc continuer à consolider ces fondamentaux sans attendre.
Est-ce que la réforme rend les études de santé plus accessibles ?
La réforme vise une meilleure lisibilité et davantage d'équité territoriale, notamment avec une formation disponible dans chaque département. Mais la sélectivité reste inchangée : le numerus apertus est maintenu, les places restent limitées, et la concurrence reste intense. Ce qui change concrètement :
- La possibilité de redoubler si le bloc santé est validé
- Deux fenêtres de candidature, en L1 et en L2
Cela réduit la pression du « tout ou rien », mais n'ouvre pas davantage les portes.
Est-ce que le LAS disparaît complètement ?
Dans sa forme actuelle, oui. L'esprit du LAS, à savoir la possibilité de suivre une discipline non médicale en parallèle du bloc santé, est conservé dans le bloc disciplinaire de la nouvelle licence. Mais le catalogue de disciplines sera restreint et cohérent avec un projet de santé. Les LAS en arts du cirque ou en histoire de l'art n'existeront plus.
Mon enfant a commencé un PASS cette année. Est-ce qu'il sera rattrapé par la réforme ?
Non. Les étudiants qui s'inscrivent en PASS ou en LAS à la rentrée 2026 restent dans l'ancien système. La réforme s'applique aux nouveaux entrants à la rentrée 2027. Si votre enfant passe en deuxième année de santé en 2027, il sera soumis au cursus standard de deuxième cycle, qui n'est pas modifié par cette réforme.
Est-ce que les spécialités choisies au lycée ont encore de l'importance ?
Plus que jamais. La nouvelle licence santé repose sur un bloc scientifique exigeant : biologie cellulaire, biochimie, physiologie, physique-chimie. Les élèves qui arrivent sans ces bases solides seront en difficulté dès les premières semaines.
Ce que la réforme change concrètement : le bloc disciplinaire sera limité à un catalogue restreint de disciplines cohérentes avec un projet de santé. Les combinaisons de spécialités sans lien avec la médecine, qui permettaient autrefois d'intégrer une LAS en histoire de l'art ou en arts du cirque, n'auront plus de sens dans ce nouveau cadre.
Au Cours Masson, nous recommandons aux élèves qui visent les études de santé :
- SVT et Physique-Chimie comme spécialités principales
- Mathématiques en option ou en spécialité : la rigueur du raisonnement qu'elles développent reste un atout décisif pour traverser une première année très sélective
Pourquoi les doyens s'opposent-ils à la réforme si le PASS/LAS est reconnu comme un échec ?
Ils ne s'opposent pas à la réforme sur le fond, ils s'opposent au calendrier. Leurs réserves sont concrètes :
- Les maquettes pédagogiques ne sont pas finalisées
- Les universités n'ont pas les mêmes capacités de mise en oeuvre
- Le financement de la transition n'est pas sécurisé
La demande de report à 2028 vise à éviter de répéter les erreurs de 2020, quand la réforme avait été appliquée trop vite, avec des résultats hétérogènes d'une université à l'autre.
Ressources complémentaires
- Rapport de la Cour des comptes sur les études de santé (décembre 2024) : le document de référence pour comprendre le bilan du PASS/LAS et les raisons de la réforme, avec les données chiffrées complètes.
- ONISEP : les études de médecine : présentation officielle des filières MMOPK, des conditions d'admission et des débouchés, régulièrement mise à jour.
- Parcoursup : accéder aux formations santé : pour consulter les formations disponibles, les attendus et les statistiques d'admission par filière et par université.
- Ministère de l'Enseignement supérieur : réforme des études de santé : les textes officiels et les annonces du gouvernement sur la mise en oeuvre de la voie unique à partir de 2027.
Conclusion
La réforme des études de santé de 2027 est une opportunité réelle de corriger les défauts du PASS/LAS : plus de lisibilité, un redoublement possible, deux fenêtres de candidature, une meilleure cohérence disciplinaire. Mais elle s'annonce aussi comme une période de transition incertaine, où les premières promotions devront composer avec des maquettes pédagogiques encore en cours de construction.
Pour votre enfant, la meilleure réponse à cette incertitude reste la même qu'avec n'importe quel concours : anticiper, consolider les fondamentaux scientifiques, et ne pas attendre que les détails soient officiellement publiés pour commencer à travailler.
Si vous souhaitez faire le point sur le parcours de votre enfant et adapter sa préparation à ce nouveau cadre, nous serons heureux d'en discuter avec vous : en présentiel à Neuilly-sur-Seine, ou en visio pour les familles en France et dans les lycées français à l'étranger.