Études à l’étranger8 min de lecture
Étudier au Royaume-Uni après un bac français : candidature, coût, visa
Beaucoup de familles me parlent du Royaume-Uni, que l’on appelle souvent « l’Angleterre », comme de la destination anglophone la plus évidente. Elle l’est restée, mais deux choses ont changé depuis le Brexit, et une idée reçue n’a jamais tenu : le SAT n’y sert à rien pour un bachelier français, les frais ont explosé, et il faut désormais un visa. Je reprends les trois.
Par Marie Masson, normalienne et agrégée, examinatrice au concours Mines-Ponts. Elle accompagne chaque année des familles sur leurs projets d’études à l’étranger. À propos →
L’essentiel en 5 points
- La candidature passe par la plateforme UCAS : jusqu’à cinq vœux, une lettre de motivation en trois questions (depuis 2026), sur notes prévisionnelles de Terminale.
- Le SAT ne joue aucun rôle : un bachelier français est évalué sur son dossier, et selon la filière sur un test britannique (UCAT en médecine, LNAT en droit, évaluations d’Oxford et Cambridge).
- Depuis le Brexit, un étudiant de l’UE paie les frais internationaux : à titre indicatif, de l’ordre de 15 000 à 35 000 £ par an selon la filière, davantage en médecine (chiffres 2025-2026), sans accès aux prêts étudiants britanniques.
- Depuis janvier 2021, un visa étudiant est nécessaire, avec preuve de fonds, preuve d’anglais et surtaxe santé.
- Le calendrier se joue à l’automne de la Terminale : échéance UCAS en janvier, dès la mi-octobre pour Oxford, Cambridge et la médecine.
En rendez-vous d’orientation, le Royaume-Uni revient souvent, et je passe le plus clair du temps à défaire deux idées reçues : que ce serait une option bon marché, et qu’un score de test américain y aiderait. Ni l’un ni l’autre. Chiffres relevés en juillet 2026.
Comment candidater dans une université britannique avec un bac français ?
Tout passe par UCAS, la plateforme nationale unique. Un candidat y formule jusqu’à cinq vœux, joint une lettre de motivation et candidate sur ses notes prévisionnelles de Terminale, l’admission étant ensuite confirmée aux résultats du bac. Depuis les candidatures 2026, cette lettre n’est plus un texte libre : elle prend la forme de trois questions structurées (la motivation pour la filière, la préparation académique, les expériences hors cours). Le baccalauréat général et l’option internationale (OIB) sont reconnus.
Reste la question que se pose tout parent : mon enfant a-t-il le niveau ? Les universités formulent des offres conditionnelles exprimées en moyenne de bac, très variables selon leur rang. Une université de milieu de tableau se satisfait souvent d’une mention assez bien ; les plus sélectives (Oxford, Cambridge, Imperial, LSE, UCL) attendent une moyenne proche de la mention très bien et des notes précises dans les spécialités. Un élève dont le profil ne correspond pas à l’entrée directe peut passer par une année de fondation (foundation year), une passerelle d’un an, à budgéter en plus.
Un point que je signale toujours : la candidature britannique récompense la cohérence du projet. La lettre porte sur une seule filière, présentée sur les cinq vœux. Un élève qui vise à la fois du droit et de la biologie brouille son dossier. Le choix se prépare donc tôt, dès les spécialités de Première.
Le SAT sert-il pour le Royaume-Uni ?
Non, pour un bachelier français. L’admission repose sur le bac, le dossier et la lettre de motivation, jamais sur un score de SAT. Préparer le SAT « pour le Royaume-Uni » serait du temps perdu.
Ce qui existe, en revanche, ce sont des tests propres à certaines filières, sans rapport avec le SAT : l’UCAT pour la médecine, le LNAT pour le droit, et les évaluations puis entretiens d’Oxford et de Cambridge. Ces épreuves se préparent spécifiquement, à ne pas confondre avec un test d’admission généraliste à l’américaine.
Quel niveau d’anglais faut-il pour étudier au Royaume-Uni ?
Deux exigences se cumulent, et il faut les distinguer. Côté université, un IELTS ou un TOEFL est souvent demandé, avec des dispenses possibles selon le profil (option internationale, bonne note d’anglais au bac) : cela se vérifie programme par programme. Côté visa, un test d’anglais agréé par le Home Office (SELT, de type IELTS for UKVI, niveau B2) est exigé pour la plupart des cursus.
Un francophone prévoit donc une certification d’anglais, en s’assurant qu’elle vaut à la fois pour l’admission et pour le visa. C’est un coût et un délai à intégrer tôt.
Combien coûtent les études au Royaume-Uni depuis le Brexit ?
C’est le point que les familles découvrent trop tard. Avant 2021, un étudiant français payait le tarif britannique et pouvait prétendre aux prêts étudiants. Depuis le Brexit, un ressortissant de l’UE est traité comme un étudiant international : il paie les frais internationaux, nettement plus élevés, et n’a plus accès aux prêts étudiants britanniques.
À titre indicatif, ces frais s’échelonnent de l’ordre de 15 000 à 35 000 £ par an selon l’université et la filière, davantage en médecine (chiffres 2025-2026). En ajoutant le coût de la vie, élevé surtout à Londres, comptez sur trois ans un budget de l’ordre de 90 000 à 150 000 £ selon la ville. Des bourses internationales existent dans certaines universités, mais elles restent partielles et sélectives : elles allègent la facture, elles ne l’effacent pas. À titre de comparaison, l’Irlande, restée dans l’Union européenne, facture un tout autre ordre de grandeur. Voir notre page Irlande →
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Les rendez-vous d’orientation de Marie
Le Royaume-Uni fait partie des destinations que j’examine en rendez-vous d’orientation, en présentiel à Neuilly-sur-Seine ou en visio, pour les élèves en France comme dans les lycées français à l’étranger. Nous y regardons le projet de l’élève, le coût réel post-Brexit, les tests éventuels de la filière et le calendrier UCAS. Mon principe ne varie pas : j’explique comment faire, je ne le fais pas à la place des familles.
Faut-il un visa étudiant pour le Royaume-Uni ?
Oui, et c’est l’autre nouveauté post-Brexit. Depuis le 1er janvier 2021, un étudiant de l’Union européenne relève du régime des visas étudiants britanniques. Le visa suppose une offre d’une université agréée, une preuve de fonds suffisants pour vivre (de l’ordre de 10 000 à 14 000 £ selon la ville, chiffres 2026), une preuve d’anglais par un test agréé, et le paiement d’une surtaxe santé (776 £ par an en 2026) donnant accès au système de santé britannique, auxquels s’ajoutent les frais de visa (environ 550 £).
Ce sont des démarches à anticiper dès l’admission obtenue, et un budget supplémentaire à intégrer d’emblée. Rien d’insurmontable, mais rien d’automatique comme avant le Brexit.
Quel calendrier de candidature depuis la Terminale ?
Tout se joue à l’automne de la Terminale. La plateforme UCAS ouvre les candidatures pour l’année suivante, avec deux échéances à connaître : une échéance avancée à la mi-octobre pour Oxford, Cambridge, la médecine, la dentaire et le vétérinaire, et l’échéance principale en janvier pour la plupart des autres formations. La candidature part sur les notes prévisionnelles de Terminale, l’offre étant confirmée aux résultats du bac. Si aucune offre n’aboutit, ou si la décision se prend tard, un dispositif de rattrapage réattribue les places vacantes en été après les résultats (le clearing).
Ce calendrier se mène en parallèle de Parcoursup, les deux procédures étant indépendantes. Je conseille de traiter le Royaume-Uni comme un projet à part entière, avec sa lettre et, le cas échéant, la préparation du test de filière, sans négliger le filet de sécurité français.
Questions fréquentes
Non. Un bachelier français est évalué sur son dossier et sa lettre de motivation via UCAS. Selon la filière, un test britannique peut s’ajouter (UCAT en médecine, LNAT en droit), mais jamais le SAT.
Non, plus depuis le Brexit. Un ressortissant de l’UE paie les frais internationaux et n’a plus accès aux prêts étudiants britanniques. À titre indicatif, de l’ordre de 15 000 à 35 000 £ par an selon la filière (chiffres 2025-2026).
Oui, depuis janvier 2021 : un visa étudiant, avec preuve de fonds, preuve d’anglais par un test agréé, surtaxe santé (776 £ par an en 2026) et frais de visa (environ 550 £). C’est une conséquence directe du Brexit.
Oui, via le Graduate Route, un visa post-études qui autorise à rester travailler ou chercher un emploi sans employeur préalable : deux ans pour une candidature déposée jusqu’au 31 décembre 2026, dix-huit mois à partir du 1er janvier 2027 pour une licence ou un master (données 2026).
Oui. Le centre ENIC-NARIC France délivre une attestation de comparabilité, utile pour poursuivre en master, passer un concours ou se présenter à un employeur français.
À l’automne : mi-octobre pour Oxford, Cambridge et la médecine, janvier pour la plupart des autres formations, sur notes prévisionnelles.
Ressources officielles
- UCAS : la plateforme de candidature, les échéances et les exigences par université.
- UCAS, le personal statement 2026 : le nouveau format en trois questions.
- gov.uk, Student visa : les conditions officielles du visa étudiant pour un ressortissant de l’UE.
- gov.uk, Graduate visa : le visa post-études et sa durée.
Pour aller plus loin
Où le SAT compte, et les autres voies anglophones, université par université.
Un projet d’études à l’étranger ?
Les rendez-vous d’orientation de Marie couvrent les projets internationaux : dossier, calendrier, choix de filière. En présentiel à Neuilly-sur-Seine ou en visio, partout en France et dans les lycées français à l’étranger.